En français / Quebec TV sports channel columnist takes up FGG argument on #Sochi2014 and @IOC

sochishacklesPaul Rivard is the Olympics guy for TVA Sports, a Montreal-based sports channel. Here he reviews the situation in Sochi, and focuses on the “hospitality” argument made by the Charley Sullivan and the FGG’s Marc Naimark in Slate.fr. From TVA Sports:

SPORTS D’HIVER

LE «TSAR SYSTÈME» ET LES GAIS

Le 5 janvier 2014 à 15h47 | Paul Rivard

Le président russe Vladimir Poutine fait beaucoup parler de lui, ces temps-cis. Sa récente visite des sites olympiques des environs de Sotchi (voir ici) le montre sous son jour le moins, disons… dramatique des derniers mois.

Outre ce défilé abondamment photographié, il a également gracié plusieurs prisonniers politiques, qu’il s’agisse du Québécois Alexandre Paul, activiste de Greenpeace, des membres du groupe punk Pussy Riots ou encore (et surtout) de l’ex-magnat du pétrole, critique du Kremlin et autrefois vu comme son principal opposant, Mikhail Khodorkovski, emprisonné depuis 10 ans.

Pour terminer la série de beaux gestes, il a assoupli les restrictions qui pesaient sur le droit de manifestations à Sotchi, amendant un décret qu’il avait promulgé l’été dernier. Cette mesure, et les deux précédentes décisions ci-haut mentionnées, visent à donner une meilleure image du pouvoir en Russie avant le début des Jeux.

Cet assouplissement concernant les manifestations nous amènent ici aux gais, athlètes ou non, et cette situation en rapport aux J.O.

Message clair des États-Unis

Depuis six mois, on a souvent fait état de cette loi russe interdisant toute manifestation publique faisant la promotion de l’homosexualité ainsi que, forcément, des protestations qu’elle a engendrées de partout sur la planète.

Les plus récentes venaient de nombreux dirigeants internationaux ayant décidé de ne pas se rendre à Sotchi pour la cérémonie d’ouverture des Jeux. Malgré les multiples justifications à leurs absences, il est clair que plusieurs de ces chefs d’état  ont décidé de ne pas y aller en raison de leur désaccord avec cette législation. C’est le président américain Barack Obama qui a envoyé le message le plus évident en déléguant aux cérémonies d’ouverture et de fermeture deux personnalités sportives ouvertement gaies, soit l’ex-championne de tennis Billie Jean King et la joueuse de hockey Caitlin Cahow. Ce sera la première fois en 14 ans que les Etats-Unis n’enverront ni un président ou son épouse, ni un ex-président ou un vice-président aux Jeux.

Les exemples de diplomatie sont plutôt venus de plusieurs athlètes qui ont joué la carte de la prudence.

Les Russes: des hôtes ou des prestataires de services?

À la fin de l’été, le patineur américain Jeremy Abbott y est allé de cette phrase qui rejoint la pensée ou les propos de plusieurs autres athlètes. «La Russie nous invite. Je n’irais pas chez des gens et leur faire des commentaires désobligeants sur la décoration de leur appartement, en les enjoignant de la changer s’ils veulent que je revienne les visiter. Ce serait mal élevé. Donc, je ne dirai pas du mal d’un pays qui invite le monde entier.»

Cette analogie, toute simple soit-elle, ne tient toutefois pas la route selon Mark Naimark et Charley Sullivan du site français Slate.

Selon eux, les comités d’organisation des Jeux ne sont pas des hôtes. Ce sont des prestataires de service qui ont répondu à un appel d’offres pour exploiter la propriété intellectuelle du CIO dans un contrat qui doit bénéficier aux deux parties. Aucun athlète n’a exigé de concourir à Sotchi, mais ce sont plutôt les Russes qui ont demandé le privilège d’organiser les J.O. de 2014 pour des raisons qui leur sont propres. ET, «l’hospitalité» ne fait pas partie de ces raisons.

En gagnant le droit d’accueillir les Jeux, les Russes ont adhéré aux valeurs et aux principes du mouvement olympique, notamment le principe numéro quatre : «le sport est un droit de l’homme» ainsi que le numéro six «la non discrimination».

Nalmark et Sullivan ajoutent que lorsqu’on choisit une destination de vacances ou qu’on part en voyage d’affaires, on accepte qu’il faille obéir aux lois et aux coutumes du pays. Mais les milliers de compétiteurs de Sotchi ne seront pas une bande de touristes qui atterriront par hasard sur les rives de la Mer noire. Les athlètes et leurs entraîneurs n’ont PAS LE CHOIX du lieu où se déroulent les Jeux. S’ils veulent concourir, ils doivent être à Sotchi et nulle part ailleurs.

Ultimement, en tant que client responsable de ce contrat, le CIO a des devoirs envers les sportifs. Il n’est pas un observateur innocent de cette législation. Et toute personne présente à Sotchi devrait pouvoir prendre la main d’une personne, homme ou femme, dans l’esprit de la Charte olympique. Défendre la Charte olympique n’est pas un acte politique, ni un faux pas mondain: c’est tout simplement un devoir d’agir face à l’injustice.

Alors, si les droits des gais, sportifs ou non, devaient être brimés, pendant les Jeux, les athlètes auraient entièrement le droit de réagir, manifester et critiquer.


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